Une idée qui m'est venue (c'est fou le nombre de choses auxquelles on peut penser pendant un cours d'histoire de l'art
). Quelques éléments de background pour mes Bamaka autour de la disparition de Sigujana...
Il y aura peut-être d'autres textes, ça dépend de mon humeur... Mais j'ai déjà quelques autres idées. Un truc sur Ngwane est déjà en cours de route... Considérations d'un incompris
Sigujana était assis au pied d'un tonneau de produits chimiques éventré, le regard perdu dans le vague. De temps à autres, il agitait sa tête à la mâchoire hypertrophiée juchée au sommet d'un cou démesuré dans un hochement résigné, avant de laisser échapper un soupir de frustration.
Que la vie était injuste! Combien de batailles les Bamaka avaient-ils gagnées grâce à son sens tactique aiguisé et à ses pouvoirs psychiques inouïs? Certes, leur effet était limité, il était incapable de tuer quelqu'un d'un simple regard, même en se concentrant longtemps - ce n'était pourtant pas faute d'avoir essayé! - mais il pouvait projeter sa psyché hors du commun pour impressionner les esprits faibles. Que de batailles remportées! Et que cela lui avait-il valu? Relégué au rang de simple prêtre desservant! Retiré de l'élite combattante! Bref, presque chassé du clan! C'en était trop pour son honneur meurtri.
Lorsque deux pygmées ont rejoint le clan, il les a accueillis à bras ouverts - "venez, venez petite chair à canon!" . Et eux, il n'ont eu de cesse de lui prendre sa place de choix au sein du clan, de chercher à l'évincer. Le petit Bak, faisant démonstration de son incommensurable valeur de psy, lui a même fait une très spirituelle remarque, le "casse-toi pauv'con" désormais célèbre au sein du clan. Et ses anciens compagnons d'armes, ceux avec qui il a partagé le fracas des batailles et versé son sang pour la gloire du clan n'ont rien trouvé à y redire. "Tu sais pas te battre", lui a dit avec un air condescendant cette brute bellâtre de Ngwane. "Tu crèves trop souvent", lui a dit Abama, l'armoire à glace du clan, un rustre notoire. Quant à Ngobo, l'assassin, comme à son habitude, il n'a rien dit. Un vrai autiste ce Ngobo.
Désormais, il se retrouvait seul, assis au pied de son tonneau de déchets toxiques, à attendre, penser et soupirer. Seul? Peut-être plus pour longtemps: au loin se dessinait une frêle silhouette. Plissant les yeux, il put discerner une mince jeune femme noire à la coiffure démesurée qui lui donnait un air de coton tige, vêtue d'un pagne à grelots.